Les missions du poste

Établissement : Université de Montpellier École doctorale : GAIA - Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau Laboratoire de recherche : CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive Direction de la thèse : Claire DOUTRELANT ORCID 0000000318933960 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-07T23:59:59 Le dimorphisme sexuel peut être défini comme la différentiation phénotypique entre mâles et femelles pour un trait, ou ensemble de traits. On considère en général que ce dimorphisme évolue sous l'effet d'une sélection antagoniste favorisant des phénotypes différents chez les mâles et les femelles et peut être fortement limité par des corrélations génétiques positives entre sexes. Toutefois d'autres facteurs pourraient fortement contribuer à expliquer la variation dans le dimorphisme sexuel.

Tout d'abord la théorie prédit que les covariances génétiques peuvent ralentir la réponse à la sélection mais ne l'empêchent pas totalement, de sorte que les corrélations génétiques les plus élevées ne sont pas nécessairement associées à des dimorphismes sexuels plus faibles (Puixeu & Kayward 2025). Par ailleurs, une approche multivariée incluant plusieurs traits génétiquement corrélés peut révéler une variance génétique pour le dimorphisme sexuel plus élevée qu'attendue en étudiant uniquement la corrélation génétique entre sexes pour le même trait (Videlier & Sztepanacz 2025). En outre, la variation des conditions environnementales est susceptible de causer des fluctuations dans la force, voire même la direction de la sélection antagoniste. Les contraintes à l'adaptation jouant un rôle plus important en environnement variable, y compris pour l'évolution du dimorphisme sexuel (Connallon et al 2019), une telle variation temporelle de la sélection antagoniste pourrait moduler l'association entre corrélation génétique intersexe et dimorphisme sexuel. Enfin, il a été récemment démontré théoriquement qu'un dimorphisme sexuel peut évoluer même en l'absence de sélection antagoniste, sous l'action de la dérive ou l'existence de variance génétique antagoniste (Puixeu & Kayward 2025, Videlier & Sztepanacz 2025).

Chez les passereaux, le dimorphisme chromatique est un des aspects les plus remarquable du dimorphisme sexuel. L'hypothèse a longtemps été faite que ce dimorphisme résultait uniquement d'une plus forte sélection sexuelle sur les mâles et de la sélection naturelle chez les femelles. Toutefois, la sélection sexuelle peut être identique et forte chez les deux sexes et le dimorphisme sexuel ne concerne pas que la couleur, mais aussi d'autres traits moins frappants, tels que la taille corporelle, ou le comportement . Les corrélations entre ces traits pourraient avoir un impact sur l'évolution du dimorphisme de chacun d'entre eux.

Nous travaillerons avec la mésange bleue, qui montre un faible dimorphisme sexuel chromatique, considéré provenir d'une sélection sexuelle chez les deux sexes et d'une corrélation génétique forte entre traits. Nous évaluerons si l'intégration de différents traits (morphologie, couleur et comportement) altère notre estimation du potentiel évolutif du dimorphisme par rapport à une approche univariée. Un faible potentiel évolutif du dimorphisme confirmerait l'hypothèse que les deux sexes sont en partie similaires du fait de contraintes évolutives.

Afin de mieux comprendre la dynamique évolutive du dimorphisme sexuel, nous évaluerons la fluctuation de la sélection antagoniste, mais aussi de la sélection corrélative entre sexes, dans laquelle le succès reproducteur des couples dépend de la similarité de leurs phénotypes, un type de sélection qui devrait façonner les covariances entre sexes et les trajectoires évolutives du dimorphisme sexuel.
Ces résultats empiriques seront combinés à une modélisation théorique pour comprendre comment les fluctuations de la sélection antagoniste affectent l'évolution du dimorphisme sexuel, et comment la sélection pour l'appariement préférentiel façonne les covariances génétiques entre sexes et l'évolution du dimorphisme sexuel, même en l'absence de sélection antagoniste.
Biologie évolutive Ce projet de thèse a pour a pour but de mesurer l'impact de différents facteurs sur l'évolution du dimorphisme sexuel, par des approches de suivi à long terme in natura combinées à de la théorie.

1) Approche empirique. Les données proviennent du suivi à long termes de quatre populations de mésanges bleues en Corse et proche de Montpellier dans des forêts de chêne blanc et chêne vert. Le plus ancien suivi fête ses 50 ans cette années, les autres ont débuté il y a 35 ans. Pendant la période de reproduction, le suivi des couples en nichoirs permet d'obtenir des données phénotypiques sur les adultes (morphologie, comportement), leur fitness (nombre de jeunes à l'envol) mais aussi les relations d'apparentement (pedigree).

2) Approche théorique : Simulations individu-centrées (programme disponible sous R et Julia, à modifier selon scénarios étudiés, notamment pour le déterminisme génétique), population-centrées (Mathematica), et développements analytiques

Le profil recherché

- Connaissances en génétique quantitative ;
- Compétence en analyses de données longitudinales;
- Expérience en programmation dans l'environnement R.
- Capacité à et volonté de travailler en groupe ;
- Appétence pour le travail de terrain
- compétences inter-personnelles, et approche proactive et collaborative de la recherche ;
- Maîtrise de l'anglais (écrit et parlé) :

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