Les missions du poste

Établissement : Université de Montpellier École doctorale : EDEG - Economie Gestion Laboratoire de recherche : CEE-M - CENTRE D'ÉCONOMIE DE L'ENVIRONNEMENT Direction de la thèse : Brice MAGDALOU ORCID 000000017733703X Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-23T23:59:59 Ce projet de thèse interdisciplinaire (microéconomie, sciences cognitives, informatique) remet en question le postulat de l'agent parfaitement rationnel. Dans un monde caractérisé par la surabondance informationnelle et la désinformation, la ressource rare n'est plus l'information, mais l'attention. S'appuyant sur la rationalité limitée et l'inattention rationnelle, la thèse étudie comment les individus filtrent l'information pour réduire leur charge cognitive, générant des biais comportementaux et un recours aux heuristiques de jugement.

L'objectif est d'appliquer ces mécanismes décisionnels pour éclairer la décision publique face à des défis contemporains majeurs, comme : l'inaction climatique liée à la surcharge cognitive, l'immobilité sociale due à l'opacité informationnelle (orientation, finance), et la vulnérabilité à la désinformation via les biais de confirmation. La méthodologie combinera expériences en laboratoire, modélisation axiomatique des préférences, et simulation via le Machine Learning. Cette thèse porte sur la prise de décision humaine dans une perspective interdisciplinaire, associant à la fois la microéconomie, les sciences cognitives et l'informatique. L'objectif est d'aboutir à un panorama exhaustif pour décrire les comportements humains, quand ces derniers sont confrontés à un processus de décision complexe, comme c'est le cas dans leur quotidien. La microéconomie est utile ici pour appréhender le cadre décisionnel : description de l'environnement (informations disponibles, processus d'acquisition, acteurs) et description de l'ensemble des options possibles pour les acteurs, en fonction des différents états de la nature. Les sciences cognitives (neuroéconomie, neuropsychologie, psychologie cognitive, etc.) sont mobilisées pour décrire les processus anatomiques, neurologiques voire chimiques qui caractérisent la prise de décision, en fonction du contexte. Enfin, l'informatique est mobilisée en dernière étape à des fins de simulation et de prédiction, en traduisant les différentes avancées identifiées précédemment dans une approche algorithmique. La maîtrise d'un ou plusieurs de ces domaines sera prise en considération dans la sélection du candidat ou de la candidate. L'objectif de cette thèse est de contribuer activement à ce changement de paradigme qui redéfinit les fondements de la microéconomie moderne. Dans l'idéal, il est attendu de cette thèse de proposer des modèles décisionnels, à la fois qualitatifs et computationnels (Takemura, 2014), prenant en considération l'ensemble des éléments décrits précédemment. Il est également prévu d'appliquer ces éventuelles avancées théoriques à des enjeux sociétaux contemporains majeurs. Les limites cognitives des agents et l'inattention rationnelle permettent d'expliquer des comportements individuels ou collectifs en apparence sous-optimaux. En premier lieu, face à l'urgence environnementale et climatique, l'abondance des informations (souvent anxiogènes ou contradictoires) génère une véritable surcharge cognitive. Cette dernière favorise des heuristiques de statu quo et l'inaction, freinant l'adoption de comportements pro-environnementaux. En deuxième lieu, l'opacité et la complexité informationnelle agissent comme de puissants moteurs d'immobilité sociale et d'inégalités. C'est particulièrement visible lors des choix d'orientation scolaire ou des décisions d'investissement financier, où les individus disposant de moins de temps ou de ressources pour traiter l'information peinent à allouer leur attention de manière optimale. Enfin, dans un écosystème numérique saturé par les réseaux sociaux, la difficulté à distinguer une information vérifiée d'une désinformation engendre un repli cognitif : pour économiser leur énergie décisionnelle, les agents s'en remettent à leurs biais de confirmation, ce qui les rend plus vulnérables aux théories du complot ou aux thèses populistes. Ce projet mobilisera trois types de compétences. Tout d'abord, il est prévu de réaliser au minimum une expérience en laboratoire visant à observer la prise de décision de personnes en situation réelle. Il est de fait attendu du ou de la candidat(e) d'être capable de mener à bien un projet expérimental complet, de la mise en place du protocole à l'analyse statistique et économétrique des données recueillies. Ensuite, une partie de la thèse sera dédiée à la modélisation des préférences. Il est donc attendu du candidat ou de la candidate de maîtriser les techniques de modélisation, notamment la caractérisation axiomatique des préférences (microéconomie), ainsi que la description théorique des mécanismes anatomiques de prise de décision (sciences cognitives). Enfin, la maitrise des algorithmes utilisé en informatique de type « Machine Learning » et/ou « Reinforcement Learning with Human Feedback » seront un atout précieux pour passer à la phase de simulation des choix humains.

Le profil recherché

Master en économie, à dominante microéconomie, prioritairement. Mais ouvert aux Masters en mathématiques appliquées ou sciences cognitives. Des connaissances en informatique sont également les bienvenues.

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