Thèse Décision en Mouvement Posture Locomotion et Comportements Économiques. H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Montpellier École doctorale : EDEG - Economie Gestion Laboratoire de recherche : CEE-M - CENTRE D'ÉCONOMIE DE L'ENVIRONNEMENT Direction de la thèse : Marc WILLINGER ORCID 0000000158803453 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-23T23:59:59 La théorie économique standard repose sur une conception désincarnée de la décision, dans laquelle les agents traitent l'information indépendamment de leur état physique. Cette hypothèse structure également les protocoles d'économie expérimentale, majoritairement conduits en position assise dans des environnements contrôlés. Pourtant, un ensemble croissant de travaux en ergonomie, neurosciences et psychologie cognitive montre que la cognition est étroitement liée aux états sensorimoteurs. La posture et la locomotion influencent l'éveil physiologique, la charge cognitive et les processus attentionnels, et peuvent ainsi affecter la prise de décision. En particulier, aucune posture n'apparaît optimale de manière continue : c'est plutôt l'adéquation entre posture et type de tâche qui conditionne la performance.
Dans ce contexte, ce projet interroge la robustesse des régularités du comportement économique observées en laboratoire, en examinant dans quelle mesure elles peuvent être influencées par la sédentarité des protocoles expérimentaux. Trois verrous scientifiques sont étudiés : la physiologie de l'incertitude, à travers l'effet de la posture sur la perception du risque et de l'ambiguïté ; la synchronie sociale, via le rôle de la coordination motrice dans la coopération, la confiance et la réciprocité ; et l'interface cognition-locomotion, en analysant les arbitrages entre exigences motrices et raisonnement stratégique.
Le projet s'organise autour de trois blocs de questions correspondant aux grandes dimensions de la décision économique. Le premier concerne les préférences individuelles, en testant l'effet de la posture et du mouvement sur la tolérance au risque, l'aversion à l'ambiguïté et les préférences intertemporelles. Le deuxième porte sur les préférences sociales, en examinant l'impact de l'engagement corporel sur l'altruisme, la coopération, la confiance et les dynamiques de coordination. Le troisième bloc s'intéresse à la profondeur du raisonnement stratégique, en étudiant l'effet du mouvement sur les capacités d'itération cognitive et les arbitrages entre charge motrice et ressources attentionnelles.
L'objectif général est ainsi de tester la robustesse des résultats fondamentaux de l'économie expérimentale en intégrant explicitement la dimension corporelle, et d'identifier les mécanismes cognitifs et physiologiques sous-jacents à la décision en mouvement.
Ce domaine n'a pas encore été exploré à notre connaissance en économie, il s'agit d'un champs nouveau
Voici un résumé très concis des objectifs en trois blocs :
> Le projet poursuit trois objectifs principaux. Il vise d'abord à analyser l'effet de la posture et du mouvement sur les préférences individuelles, notamment la tolérance au risque et les choix intertemporels. Il étudie ensuite l'impact des états corporels sur les préférences sociales, en particulier l'altruisme, la coopération, la confiance et la coordination. Enfin, il examine l'influence de la locomotion sur la profondeur du raisonnement stratégique, en évaluant les interactions entre charge motrice et ressources cognitives. Le projet repose sur la mise en oeuvre de protocoles expérimentaux standards en économie, mobilisant des jeux économiques dans différentes conditions posturales (assis, debout, en mouvement). Ces expériences seront combinées à des mesures physiologiques, notamment la variabilité de la fréquence cardiaque, ainsi qu'à des mesures comportementales et cinématiques, et pourront intégrer l'usage de la neuro-imagerie mobile (fNIRS). Le candidat bénéficiera d'un accès privilégié à deux plateformes d'excellence : le LEEM à Montpellier, pour la programmation des interfaces expérimentales (oTree) et la gestion des cohortes de participants, et EuroMov DHM, pour l'intégration de mesures physiologiques et d'analyse du mouvement (systèmes Vicon, EEG et fNIRS portables). Enfin, le projet pourra s'appuyer sur des environnements de réalité étendue (XR), permettant de manipuler finement les interactions sociales via des avatars et d'isoler l'effet propre du mouvement sur la décision.
Le profil recherché
Le candidat ou la candidate devra être titulaire d'un master en économie (économie comportementale, économie expérimentale, microéconomie) ou en sciences cognitives, avec de bonnes compétences analytiques. Un intérêt marqué pour les approches interdisciplinaires, à l'interface entre économie, psychologie et neurosciences, est attendu. Des compétences en méthodes quantitatives (économétrie, statistiques) ainsi qu'une familiarité avec les outils expérimentaux et de programmation (oTree, Python, R) seront appréciées. Une première expérience en recherche (mémoire, stage) constituera un atout. Une bonne maîtrise de l'anglais scientifique est requise.