Thèse Thérapie Génique Combinatoire des Nerfs Cornéens et de la Glande Lacrymale pour la Kératite Neurotrophique H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université de Montpellier École doctorale : Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé Laboratoire de recherche : INM - Institut des Neurosciences de Montpellier Direction de la thèse : Frederic MICHON ORCID 000000034305305X Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-11T23:59:59 Ce projet doctoral propose de développer une stratégie innovante de thérapie génique combinatoire pour traiter la kératite neurotrophique (KN), une pathologie cornéenne rare, sévère et potentiellement cécitante. La KN résulte d'un déficit d'innervation de la cornée, conduisant à une perte de sensibilité, à une altération de la cicatrisation épithéliale, à des ulcérations récidivantes, à un risque de perforation et, à terme, à une perte visuelle majeure. Les traitements actuellement disponibles restent essentiellement palliatifs : ils protègent la surface oculaire ou stimulent transitoirement la réparation, mais ne restaurent pas durablement le microenvironnement neurotrophique nécessaire au maintien d'une cornée fonctionnelle. L'hypothèse centrale du projet est qu'une restauration pérenne nécessite d'agir simultanément sur deux compartiments complémentaires : d'une part, la sécrétion prolongée de facteurs trophiques par la glande lacrymale ; d'autre part, l'expression de récepteurs spécifiques dans l'innervation stromale cornéenne afin de favoriser la repousse, l'organisation et la fonctionnalité des fibres nerveuses.
Le projet s'appuie sur plusieurs atouts déjà établis dans l'équipe : un blueprint multi-omique de la réparation cornéenne chez l'humain et chez la souris, l'identification de signatures lacrymales associées à la réparation, un pipeline complet d'analyses transcriptomiques, protéomiques et épitranscriptomiques de la région antérieure de l'oeil, ainsi qu'une expertise reconnue dans la production et l'évaluation de vecteurs AAV. L'équipe dispose en particulier d'une preuve de concept démontrant qu'un AAV2/9 injecté dans la glande lacrymale permet une sécrétion prolongée d'un facteur trophique dans le film lacrymal, ainsi que d'une maîtrise technique de l'administration intra-stromale cornéenne.
Le programme expérimental se structure en trois objectifs. Le premier vise à identifier chez l'humain, à partir d'analyses de larmes issues de cohortes cliniques, deux à trois axes neurotrophiques actionnables, sélectionnés selon leur signal multi-omique, leur pertinence biologique vis-à-vis des récepteurs cornéens et trigéminés, et leur faisabilité thérapeutique. Le second objectif consiste à tester ces axes dans des modèles murins de KN induite afin d'identifier une combinaison lead capable d'améliorer à la fois la repousse des fibres, leur organisation et la stabilité de l'épithélium. Cette étape reposera sur une approche combinant l'injection d'AAV2/9 dans la glande lacrymale pour induire une sécrétion trophique prolongée, et une injection intra-stromale d'AAV-PHP.S pour cibler les neurones sensoriels périphériques. Les effets seront évalués par des dosages lacrymaux, des analyses moléculaires du ganglion trigéminal, la quantification de la densité et de l'organisation des fibres, des paramètres de cicatrisation et de structure cornéenne, la mesure de la sensibilité cornéenne au Von Frey et des omiques ciblées. Le troisième objectif sera de valider la combinaison sélectionnée dans un modèle génétique de KN lié à l'aniridie, avec une possible transposition vers le lapin si des critères Go/No-go stricts sont atteints, notamment un gain significatif de sensibilité et de densité nerveuse, associé à une bonne tolérance locale.
Au-delà de la preuve de concept, le projet vise à faire émerger une nouvelle génération d'approches thérapeutiques capables de restaurer durablement l'innervation cornéenne, de stabiliser l'épithélium et de réduire les ulcérations récidivantes. Les retombées attendues concernent à la fois la compréhension des axes neurotrophiques lacrymaux chez l'humain, la validation préclinique d'une thérapie génique combinatoire glande lacrymale/cornée, et la préparation d'une future transposition clinique. Le projet présente également un fort potentiel de valorisation à travers des publications, des brevets et des communications dans les grands congrès internationaux. La kératite neurotrophique (KN) est une pathologie cornéenne rare et sévère causée par un déficit d'innervation, entraînant perte de sensibilité, défaut de cicatrisation, ulcérations, risque de perforation, et cécité. Les traitements actuels restent principalement palliatifs et ne restaurent pas durablement le microenvironnement neurotrophique. Une stratégie de réparation pérenne doit rétablir à la fois la trophicité et l'architecture des fibres nerveuses.
Notre équipe a établi un blueprint multi-omique de la réparation cornéenne (humain1 et souris2) et caractérisé des signatures lacrymales associées3. Nous disposons d'un pipeline omique (transcriptomique, protéomique, epitranscriptomique) de la région antérieure, d'une production/évaluation de vecteurs AAV, et d'un proof of concept de sécrétion prolongée d'un facteur trophique via la glande lacrymale (AAV2/9)4. En parallèle, une administration intra stromale est maîtrisée au sein de l'équipe. Objectif 1 - Identifier les axes neurotrophiques chez l'humain (larmes)
Objectif 2 - Preuve de concept et optimisation (modèles murins de KN induite)
Objectif 3 - Validation en KN et préparation de la transposition Méthodologie : Protéomique non ciblée (Shotgun) et ciblée (ELISA)
Méthodologie : AAV2/9 glande lacrymale4 (sécrétion prolongée) + injection intra stromale AAV PHP.S (ciblage neurones sensoriels6). Endpoints : ELISA larmes, qPCR ganglion trigéminal, densité/organisation des fibres, cicatrisation/paramètres structuraux, sensibilité (Von Frey), omiques ciblées.
Le profil recherché
Le (la) candidat(e) devra avoir de solides connaissances en biologie cellulaire et moléculaire, ainsi qu'en culture cellulaire, physiologie des épithéliums, microscopie à fluorescence et biologie des cellules souches. Une expérience préalable en expérimentation animale serait un atout considérable. Par ailleurs, il est indispensable que le (la) candidat(e) ait un excellent sens du travail en équipe et soit capable de communiquer efficacement ses résultats à l'oral.